
Omar Sosa et Seckou Keita, un duo transcendant et lumineux
Omar Sosa et Seckou Keita, accompagnés de Gustavo Ovalles en concert pour une impro sur Dary, 1er titre de l’album Transparent Water.
Un duo pas comme les autres

Le pianiste cubain Omar Sosa et le maître de kora, chanteur sénégalais Seckou Keita, ont scellé leur rencontre et leur amitié à travers deux albums innovants et surprenants.
Quatre ans après la sortie de Transparent Water, ils sont revenus avec Suba. Tout en douceur et en harmonie, ils nous emmènent au-delà du silence, là où résonne notre musique intérieure. Chaque écoute, est un moment de grâce, une expérience profondément enrichissante et émouvante.
La rencontre, la maturation et la concrétisation
C’est à Londres, en 2012, lors d’une participation à un concert du batteur américain Mark Gilmore, qu’Omar Sosa est immédiatement subjugué par la kora et l’univers musical de Seckou Keita. Il lui propose alors, sans hésiter, une collaboration pour un futur album.
Fruit d’une longue réflexion, d’improvisations extrêmement créatives – enrichi d’invités réguliers connus de longue date ou rencontrés en cours de route, tous venus d’horizons variés – Transparent Water, le premier album du duo sortira finalement en 2017 chez OTA records.
Transparent Water, une alchimie sonore entre innovation, spiritualité et sérénité
L’album Transparent Water sur Spotify et Deezer
Une ode à la nature
Un ruisseau qui coule dans la forêt, un passage à gué sur quelques pierres bien plates et fraîches… Écouter Transparent Water, c’est s’offrir une balade immersive en pleine nature, pieds nus. Dès le premier morceau, nul besoin de tendre l’oreille pour entendre cette petite pluie bienvenue qui fait naître cette odeur si caractéristique d’herbe et de bois humides.
Ce retour salutaire à la nature est orchestré par le duo Omar Sosa et Seckou Keita, ainsi que par le jeu harmonieux de plusieurs artistes cosmopolites. La musique nous entraîne vers l’avant, elle nous dirige vers un ailleurs captivant. Attirés par les voix entremêlées, rythmés par les percussions mystérieuses, soutenus par le piano, encouragés par la kora, et intrigués par des instruments venus de tous les continents, nous voilà, presque à notre insu, en parfaite harmonie avec le monde musical qui nous entoure.
Le bon chemin
L’appel est lancé. Les ambiances se succèdent sans jamais se chevaucher : balade, blues, jazz, instrumental… Des voix aiguës, graves ou simplement discrètes, toujours portées par le duo piano/kora. Le chemin traverse les cultures, la temporalité s’efface pour laisser place à l’intemporalité. Notre liberté réside dans le lâcher-prise, dans une introspection sereine et désintéressée.
Bien sûr, la quête de ce chemin n’est pas toute tracée. La musique nous guide mais c’est à nous d’entendre le mystère, d’accepter les difficultés, de sourire, d’aller de l’avant, de « nous mouiller les pieds ». La beauté et la profondeur du jeu nous libèrent. Le chemin choisi peut nous mener vers nous, en dehors de nous, loin de nous ou même au-delà de nous-même. Que ce soit en douceur, en nous transperçant ou en nous enveloppant, le lâcher-prise demeure toujours une affaire de beauté et de liberté.
Au Fil de l’Eau Transparente
Ce premier album du duo Omar Sosa et Seckou Keita est surprenant et innovant. Personnellement j’ai vécu ce mélange musical des styles et des cultures comme une louange à la nature, une invitation à la spiritualité, une supplique au bonheur et à la sérénité, une invitation à la Paix.


Le casting de Transparent Water
- Omar Sosa : Piano, Fender Rhodes, sampler, microkorg (synthétiseur numérique à modélisation analogique avec un dispositif électronique de traitement du signal sonore, produit par le constructeur japonais Korg à partir de 2002) et chant
- Seckou Keita : Kora, tambour, djembé, percussions et chant
- Gustavo Ovalles : percussions
- Wu Tong : Sheng (flûte traditionnelle chinoise) et bawu (instrument à vent chinois)
- Mieko Miyazaki : Koto (instrument à cordes pincées utilisé en musique japonaise traditionnelle)
- E’Joung-Ju : Geojungo (instrument de musique à cordes pincées coréen)
- Mosin Khan Kawa : tabla (instrument de musique de percussion de l’Inde du Nord, joué également au Pakistan, au Bangladesh, au Népal et en Afghanistan.)
- Steve Argüelles : séquencing
Suba, un album pour la paix, la liberté et le respect
SUBA est un hymne à l’espoir. À l’aube de la compassion et du changement, dans un monde post-pandémique, c’est une répétition musicale comme une prière de l’humanité pour la paix et l’unité.
Omar Sosa
L’album Suba sur Deezer et sur Spotify
L’harmonie
Le piano d’Omar Sosa, présence amicale, accompagne la kora de Seckou Keita. Il soutient délicatement et souligne subtilement la voix de Seckou. Lorsque les percussions de Gustavo Ovalles entrent en scène, l’échange s’anime naturellement, sans à-coups ni emportement. « Karith » (l’amitié en wolof*), le premier morceau de l’album Suba (l’aube en malinké*), nous emporte dans une écoute attentive et personnelle, sur la piste de l’harmonie et de l’apaisement. Le ton est donné.
*Wolof : Langue nigéro-congolaise, la plus parlée au Sénégal.
*Malinké : Langue ou macrolangue parlée en Afrique de l’Ouest (Mali, Guinée, Gambie, Sénégal).
Trop, trop beau !
Le joueur de kora, instrument traditionnel d’Afrique de l’Ouest, perpétue un riche héritage culturel. Descendant des griots*, Seckou Keita contribue pleinement, par son interprétation, à créer « une connexion spirituelle » (1) entre deux continents séparés par l’océan. L’âme de l’Afrique, qu’il porte en lui, chante de concert avec l’âme de Cuba, incarnée dans le piano d’Omar Sosa. L’océan n’est plus insondable : la réconciliation et la paix intérieure habitent chacune des onze plages de Suba.
*griots : poètes musiciens africains, dépositaires de la tradition orale
La Kora de Seikou Keita
Les sonorités douces et mélodieuses de la Kora se marient parfaitement avec le timbre de voix de Seckou : étincelant dans les aigus et chaleureux dans les graves. « À travers la musique, nous apportons un message de paix, d’espoir et d’unité. Lorsque tout ce qui nous entoure s’effondre, la seule chose que nous avons en nous est une connexion divine avec notre voix intérieure, » explique l’artiste sénégalais. Des paroles qui résonnent d’autant plus en cette période de grands flux migratoires et de pandémie.
(1)Vudaf.com
Les invités du duo Omar Sosa et Seckou Keita
Le duo Gustavo Ovalles et Omar Sosa

« Pour ce nouveau voyage, le duo retrouve le sorcier du rythme vénézuélien Gustavo Ovalles. »(1) Installé à Paris depuis 1997, Gustavo a fait ses études au conservatoire de Caracas. Il a ensuite sillonné son pays pour compléter sa formation dans les villages et auprès des maîtres des tambours batá (tambours religieux). Devenu le spécialiste de la percussion traditionnelle du Venezuela, il collabore avec de nombreux artistes prestigieux du jazz et de la world.
Depuis 1999, nous le retrouvons très souvent aux côtés d’Omar Sosa, sur scène mais aussi dans nombre de ses albums, notamment sur Ayaguna, live enregistré au Motion Blue à Yokohama (Japon), en juillet 2002. C’est avec cet album que j’ai découvert ces deux musiciens incroyables. Si vous avez l’occasion, écoutez ce concert. C’est un « festin auditif »* hallucinant !
(1)FIP Omar Sosa et Seckou Keita célèbrent l’amitié sur « Kharit »
*Omar Sosa.com

Trois autres invités ont également répondu présent à l’album Suba
Le violoncelliste brésilien Jacques Morelenbaum
Il apporte profondeur et gravité sur Korason et sur les deux derniers titres de l’album.
Le flûtiste burkinabé Dramane Dembélé
Il fait souffler la brise de mer sur Voice on the sea. Il exprime la peine d’Omar sur Reï’s Ray, hommage à Reynaldo Perez Cruz, flûtiste cubain, grand ami du pianiste, récemment décédé.
Le batteur et producteur britannique Steve Argüelles
Il est venu s’occuper du séquencing et des effets (bruitages). Le séquencing est « l’étape cruciale du choix de l’ordre des morceaux. Cet art, partiellement délaissé à l’ère de la diffusion individualisée des morceaux, mérite qu’on le traite avec respect car il détient le pouvoir d’hypnotiser les auditeurs pendant tout un enchaînement musical. »*
*LANDR.com (plateforme créative des musiciens) : Séquencing d’album
Un silence assourdissant
Chaque mélodie se termine par quelques secondes de silence. Propices à l’écoute et à l’évasion, loin du vide, ces pauses nous permettent d’enchaîner les morceaux sans nous en détacher, de reprendre notre souffle sans nous précipiter, d’avancer paisiblement jusqu’à No one knows, le dernier titre, qui se termine… dans un silence lumineux et inspirant.
« Le silence est une vraie note »
John Cage (compositeur de musique contemporaine)
Le duo Omar Sosa et Seckou Keita pour deux albums authentiques, innovants, inspirants, profonds et harmonieux.
J’ai écouté attentivement les albums Transparent Water et Suba du duo Omar Sosa et Seckou Keita. Cette musique m’a profondément touché. J’y ai perçu un message d’espoir pour le monde, une ode à la réconciliation, à la paix individuelle et universelle, ainsi que de très belles résonances en moi et en chacun de nous…
Chaque parole a une conséquence. Chaque silence aussi. (Jean-Paul Sartre)
Sources
- FIP : Omar Sosa et Seckou Keita célèbrent l’amitié sur « Kharit »
- Jazz Musiques Productions : Omar Sosa & Seckou Keita – second album « Suba » en octobre 2021
- Site web d’Omar Sosa
- Site web de Seckou Keita
- Vudaf.com : La Kora, plus qu’un instrument de musique, le symbole de la culture mandingue
- Gustavo Ovalles.fr, Gustavo Ovalles.free.fr
- LANDR. com : Séquencing d’album
- Jazz à Vienne.com : Omar Sosa et Yilian Canizares
La musique cubaine sur le blog
- Quelques rythmes cubains, ça nous fait du bien
- Bebo et Chucho Valdès
- Viva La Vida ! Le nouveau spectacle de Soy de Cuba
- Omar Sosa, le plus éclectique et avant-gardiste des pianistes cubains
- Roberto Fonseca, le plus séduisant des pianistes cubain
Questions fréquemment posées
Omar Sosa joue du piano du Fender Rhodes et il lui arrive de parler et de chanter.
Seckou Keita joue de la Kora et il chante.
La Kora est un instrument de musique à cordes originaire du Mali. Il est beaucoup pratiqué en Afrique de l’Ouest (Mali, Gambie, Sénégal, Guinée et Guinée-Bissau).

Voilà pour vous le premier podcast du blog, j’espère que ça va vous plaire et que vous serez indulgent… Vous connaissiez Omar Sosa?
Merci Marie-Anne pour ce premier posdcast de ta rencontre avec Omar Sosa. Je te souhaite d’autres rencontres avec les artistes que tu apprécies et que tu me fait découvrir. Longue vie à ton blog! Bises du prof Bidule.
Merci Professeur Bidule pour ta présence bienveillante et tes encouragements. Tu es un peu le parrain de ce blog, c’est une fierté et une très belle motivation pour moi… Vive la culture sans prise de tête, vive la science et la connaissance!
Quand je dis parrain, je ne dis pas mafia évidement…😁