COFRE le graffeur

7 710
COFRE

COFRE dans un nuage, COFRE de toutes les couleurs, COFRE comme une invitation au rêve, à l’insouciance, à l’amitié, à la liberté. COFRE comme une piqûre, un vaccin, un rappel, un cadeau du ciel.

COFRE

C’est une petite rue en pente, dans le 6ème arrondissement de Marseille, un virage en plein cœur du quartier des artistes. Il faut un petit quart d’heure de marche à pied, en remontant du vieux port, pour la trouver. Passage entre le cours Julien et le cours Lieutaud, la rue Armand Bédarride est un musée gratuit à ciel ouvert : La galerie COFRE.

La rue COFRE

Rue Armand Bédarride

Aujourd’hui, mardi 23 mars 2021, j’ai donc emprunté la rue COFRE en début d’après-midi sous un soleil radieux. Et j’y ai découvert un festival de couleurs, de lettrages magnifiques, de messages personnels (dessinés ou calligraphiés) tous plus beaux et plus touchants les uns que les autres. Je suis tombée sous le charme de ce lieu étonnant : ce passage plein de bonnes ondes et d’émotion.

COFRE FOR EVER

Sur tous les murs de la rue, sur les devantures fermées, du sol aux 1ers étages, les tags, les graffs, les fresques se succèdent. Des centaines de graffitis serrés, comme collés les uns aux autres, se suivent et s’enchaînent. Le moindre espace est exploité, chaque graffeur a pu exprimer, avec son sens et sa maîtrise artistiques, son attachement, son respect et son amitié à COFRE.

Un portrait géant, des étoiles, des fleurs, des smileys, des cœurs et toujours les mêmes 5 lettres dessinées dans tous les sens, de toutes les grandeurs et de toutes les couleurs : COFRE nous donne de la FORCE.

COFRE

Respectueux les uns des autres, loin des guerres de territoires des années 80, unis dans une même émotion suite à la mort d’un des leurs, les artistes anonymes de la rue COFRE, venus de PACA, de France et d’Europe, nous offrent une œuvre d’art remarquable et touchante.

Les murs n’ont pas d’oreilles mais une mémoire.

Sylvain Tesson

Hommage

Quinze jours après le décès accidentel de COFRE, une centaine de graffeurs sont venus « customiser » la rue Armand Bédarride. Le 30 Août 2017, en quittant un dépôt du métro d’Athènes, en Grèce, où il venait de graffer, COFRE est tombé et s’est électrocuté. L’annonce de son décès a provoqué une vague de tristesse immense. Les hommages se sont succédé, les bombes de peinture sont entrées en action, COFRE est devenu le « KING ».

COFRE le KING

COFRE s’appelait Antoine. Marseillais, il connaissait sa ville comme sa poche. Il était jeune, sportif, extrêmement sympathique et gentil. Il avait le sens de la fête, de l’amitié et du partage. Étudiant en Sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) à Luminy, il avait la passion du skate, du graffiti, le goût du risque, l’audace, « l’insolence » et l’insouciance de ses 19 ans…

RUN COFRE
Le plaisir de graffer avec ses potes, sa crew (groupe de graffeurs)

Graffeur talentueux, des cinq lettres de son blaze (nom d’artiste), COFRE a fait une œuvre d’art. Un lettrage travaillé et varié, un style calligraphique personnel, simple, bien pensé et bien exécuté. Un pseudonyme suggestif, toujours lisible, agréable à regarder.

Il a créé une œuvre urbaine, multicolore et joyeuse. Il a graffé, des murs, des devantures, des façades, des métros, des trains de fret, des autoroutes, des friches… Pendant quatre années, il a fait vivre son blaze aux quatre coins de la cité phocéenne. Présent sous terre, en surface et en hauteur, il a égayé la cité, il a colorié le quotidien des Marseillais.

« Peace, love, unity and having fun ». (devise de la culture Hip-Hop)

Rue Armand Bédarride

COFRE réside désormais en plein cœur de Marseille. Sa demeure est très bien décorée. Elle se trouve en plein milieu du quartier des artistes, dans une petite rue pleine de couleurs et de fleurs.
Rue Armand Bédarride les murs ont une mémoire, les graffitis nous racontent une aventure magnifique et intemporelle : La vie de COFRE le graffeur, pleine de chaleur, d’amitié et de fraternité.

Le Street Art

« Le Street art est une catégorie regroupant tous les éléments artistiques créés dans la rue de manière officielle ou illégale (break dance, rap, hip-hop, théâtre, graffiti, flash mob, etc.). Il regroupe des arts variés (graffiti, pochoir, stickers, mosaïque, installations, calligraphie, affiche, détournement de panneaux publicitaires ou signalétiques… ) qui ont un seul point commun : la rue.
Le plus souvent, c’est un art de l’instant, éphémère par rapport à l’art « classique » que l’on cherche à tout prix à conserver. »

(Source Dictionnaire : Vocabulaire graffiti et lexique du Street Art)

Pour l’anecdote

Armand Bédarride

Armand Bédarride était un avocat franc-maçon. Conseiller municipal et adjoint au maire de la ville de Marseille au début du XXème siècle, il a participé au mouvement laïque et social de son époque. Auteur prolifique, il a fustigé l’égoïsme sous toutes ses formes. Il a fait l’apologie de la fraternité. (source Wikipédia)

 « Tout ce qui est humain intéresse le sage qui veut collaborer au bien de tous »

Armand Bédarride (1864-1935)

En même temps

« Gamechanger » – toile de Banksy – CHRISTIE’S IMAGES LTD. 2021

Pendant que je me promenais rue Antoine COFRE, « Gamechanger » une toile de Bansky s’est vendue près de 20 millions d’euros à Londres au profit du NHS (service public de la santé).

Les vidéos

L’hommage à COFRE.

« Cofre. Cofre. Cofre. Tracées sur les murs, les rideaux de fer, les rames de métro, les réseaux sociaux, ces cinq lettres ont envahi la ville depuis quinze jours. Des graffs comme autant de poings qui frapperaient le même cœur. Des graffs comme une marée de larmes : celles du petit monde du Street Art, qui porte ainsi le deuil de l’un des siens, dans une explosion de couleurs. » La Provence -16/09/2017 – L’hommage à Cofre, graffeur marseillais

Marseille, galerie à ciel ouvert

Episode 1

Episode 2

Episode 3

Tuto : Faire un graffiti à la bombe ! 

La playlist COFRE

Sources

Bien sûr il y a nos défaites
Et puis la mort qui est tout au bout
Nos corps inclinent déjà la tête
Étonnés d’être encore debout
Bien sûr les femmes infidèles
Et les oiseaux assassinés
Bien sûr nos cœurs perdent leurs ailes
Mais mais voir un ami pleurer…
(Jacques Brel)
Pour Éric…
La source Hypothèses La Provence 20 minutes
Via DRIPS deserted Street Art Pers

Vous souhaitez être informé des nouveautés ?
Les appareils mobiles Apple ne sont pas compatibles.
Si c'est votre cas, inscrivez-vous sur votre ordinateur.

Vous pourriez aussi aimer
7 commentaires
  1. Carole dit

    Un article qui nous fait découvrir un art, un monde et surtout un jeune artiste, parti trop tôt.. Un article mais aussi un hommage…
    Merci.

  2. Pituello dit

    Bravo pour cet article qui donne envie de visiter Marseille.
    Une petite erreur dans le nom de la rue en introduction.
    Merci M.A.

    1. Marie-Anne Vernet dit

      Merci Bepi, je vais corriger ça…

  3. Mary dit

    ♡ Ant1 por la Vida ♡

    1. Marie-Anne Vernet dit

      ♥♥♥

  4. Emmanuel dit

    Bravo Marie-Anne je suis impressionnée par ton travail de recherche sur ce sujet, c’est vraiment top. il me reste les vidéos à regarder tranquillement en sirotant un petit 51. Bisous et à dimanche à la messe #laBok’R !!

    1. Marie-Anne Vernet dit

      Merci Emmanuel, à bientôt et profites bien de l’apéro…

Commenter cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies pour améliorer votre expérience sur le blog
J'ai compris
Privacy Policy