Banksy, the Flower Thrower : Entre Paix et Rébellion

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Banksy a peint the Flower Thrower sur le mur d’un garage, en 2003, à Beit Sahour en Cisjordanie. Effacée du mur, l’œuvre n’a pourtant pas cessé d’exister. Aujourd’hui encore, elle nous interpelle avec force et intensité… Vous l’entendez ?

Banksy sort du silence

Porté disparu

The Flower Thrower, lower BomberRage ou Love is in the Air, c’est comme vous voulez, c’est vous qui choisissez. De toute façon, j’ai disparu en 2007. On m’a déplacé, comme des millions de réfugiés dans le monde.

Mais, je ne suis pas un réfugié, je suis un jeune occidental en colère, un poète anglais militant pour la paix. Je suis un hooligan sans arme létale, un enragé de la contestation pacifique, un jusqu’au-boutiste de la fraternité, un inconditionnel de la beauté des fleurs, un acharné de l’amour universel.

Un anglais en Palestine

Ma place est à Beit Sahour, sur le mur d’un garage. C’est là qu’au petit matin, en 2003, on m’a découvert. C’est aussi là que la tradition chrétienne situe l’Annonciation aux bergers. Ma place est au milieu de nulle part, à quelques pas, à l’est du mur de Béthléem, à quelques kilomètres, sur l’autoroute qui mène à Jérusalem. Jérusalem, la ville trois fois Sainte où il ne reste plus qu’un mur du Temple en ruine, un Mur des Lamentations. Je suis un tag sur un mur.

Lanceur de fleurs

On a voulu me vendre après m’avoir effacé de la Palestine, ma terre natale. Mais Banksy, mon graffeur anonyme, est intervenu. Exceptionnellement, pour moi, il est sorti de son silence : “Les personnes qui dirigent nos villes ne comprennent pas le graffiti parce qu’elles s’imaginent que rien n’a le droit d’exister, sauf si l’on en tire un profit.”* Depuis, je suis introuvable. Depuis, la guerre a repris de plus belle. C’est vraiment très moche ici, sans moi…

*Source : Marieanne

© Banksy, "Lanceur de Fleurs" ("Flower Thrower"), Jérusalem, 2005
© Banksy, « Lanceur de Fleurs » (« Flower Thrower »), Cisjordanie, 2005

Accueilli en héros

Je suis un lanceur de fleurs effacé mais pourtant célèbre et tonitruant. En quelques heures, le monde entier m’a accueilli spontanément, avec enthousiasme. Ma photo, postée par Banksy, au petit matin, sur Instagram, a été rapidement repostée et relayée sur la toile et dans vos vies. Des milliers de clicks ont salué mon apparition. Mon succès fut immédiat. Mon triomphe reste à venir…

Descriptif de the Flower Thrower

La casquette à l’envers, un foulard sur la bouche, vous ne savez pas qui je suis et pourtant vous me connaissez bien depuis le temps… Certes, je suis un fauteur de troubles anonyme, oui mais d’un seul trouble : celui qui vous humanise, vous déstabilise et vous rend beau.

Je suis en plein élan. Mais mon geste ne répond pas à la brutalité du terrorisme. Ma force et mon dynamisme ne résident pas dans le fanatisme religieux ou la haine de l’autre. Je ne vais pas leur lancer des pierres ou un cocktail molotov ou un projectile mortel. Non, je vais leur balancer un missile bien plus puissant : un bouquet de fleurs ! Mes adversaires vont vaciller, c’est sûr…

Robert Del Naja, leader du groupe Massive Attack a été un artiste graffiti dans les années 1980. Il est connu comme un ami de longue date de Banksy.

Une symbolique forte, un message puissant

The Flower thrower » de Banksy, 2003, Cisjordanie (détail)

Mon style est caractéristique de Banksy. Mes contours sont nets et mes couleurs vives. Le contraste entre la noirceur de mes habits et la couleur des fleurs est saisissant. Comme toujours avec Banksy, la symbolique est forte, le message est puissant. J’appelle à la paix et à la non-violence. J’appelle à la résistance pacifique, à l’espérance d’un monde meilleur, à la gratuité et au don de soi.

Je suis devenu une icône de la lutte pour la paix et la justice dans le monde entier. J’ai contribué à populariser le street art comme un moyen d’expression artistique et d’engagement social. Plus qu’une simple image, comme toutes les œuvres de Banksy, et en particulier comme ma petite sœur, La petite fille au ballon, j’invite à la réflexion, je suscite l’émotion, je porte inlassablement un message universel d’espoir et de paix.

La Petite Fille au ballon (en anglais : Girl with Balloon) à Londres sur le pont de Waterloo, dans le quartier de  South Bank. (2002)

À chacun son interprétation

Quand Banksy reste muet

Cela étant dit, Banksy s’est toujours gardé de décrypter explicitement le message de ses graffs et notamment celui de The Flower Thrower. Préférant laisser son œuvre s’exprimer de manière autonome, il invite chacun à se forger sa propre interprétation. Cette approche a indéniablement contribué à faire de ses œuvres un objet de fascination et à le consacrer comme une figure incontournable de l’art contemporain.

En 2003, Banksy réalise la pochette du disque de Blur, Think Tank.

Des fleurs comme promesse

Vous l’avez compris, je suis un jeune homme qui a grandi avec la conviction que le monde pouvait être meilleur. Mon bouquet de fleurs est une promesse, un geste envers l’humanité. J’ai lu les classiques, rêvé devant les toiles de maîtres, et je suis sorti dans les rues pour défendre ceux qui n’ont pas de voix. Je crois en la force des mots, en la beauté de la nature, en la capacité de l’amour à transformer le monde.

Avec mon bouquet de fleurs comme seule menace, je suis l’ombre et la lumière qui vous habitent. Je suis désarmant, je le sais, et c’est bien pour cela que vous m’aimez…

"Rage, the Flower thrower" de Banksy, 2003, Cisjordanie (détail)
« The Flower thrower » de Banksy, 2003, Cisjordanie (détail)

Pour l’anecdote

Dans son ouvrage Wall & Piece, Banksy raconte une rencontre qui le marqua profondément.

Alors qu’il travaillait sur une de ses fresques à Bethléem, un habitant vint le trouver pour lui dire : “Vous rendez ce mur plus beau.” Flatté, Banksy le remercia.

Mais la réponse du vieil homme fut sans appel : “Nous ne voulons pas que ce mur soit beau. Nous voulons qu’il disparaisse. »

Message personnel

Un petit clin d’œil à Michel Berger et à Françoise Hardy.

En réalisant The Flower thrower en Cisjordanie, Banksi a voulu montrer, en 2003, son soutien aux Palestiniens. En faisant cela, il n’a toutefois jamais manifesté la moindre haine à l’encontre d’Israël. Ceux qui me suivent et qui me connaissent savent à quel point je n’aime pas la controverse, en particulier lorsqu’il s’agit d’un sujet aussi complexe et douloureux que le conflit entre Israël et la Palestine.

Pour moi, la Culture n’a qu’un but : réfléchir et donc s’instruire, faire reculer l’imbécillité et la haine, rapprocher les peuples et œuvrer pour LA PAIX. D’ailleurs, que vous soyez français, catho, juif, musulman, athée, palestinien, israélien, libanais, américain… Je profite de votre présence pour vous saluer affectueusement et paisiblement.

Petit rappel historique et géographique sans polémique

(Source Wikipédia)

La Cisjordanie

La Cisjordanie, ainsi appelée en raison de sa situation par rapport au Jourdain, est le plus grand des deux territoires palestiniens (l’autre étant la bande de Gaza) qui composent l’État de Palestine.

Territoire enclavé près de la côte Méditerranéenne, dans la région du Levant en Asie occidentale, il est bordé par la Jordanie et la mer Morte à l’est et par Israël (via la Ligne verte) au sud, à l’ouest et au nord.

La frontière Israélo-Palestinienne

La Ligne verte, ou frontière de l’armistice de 1949, est la ligne de démarcation établie dans les accords d’armistice de 1949 entre les armées d’Israël et celles de ses voisins (Égypte, Jordanie, Liban et Syrie) après la guerre israélo-arabe de 1948.

Elle a servi de frontière à l’État d’Israël de 1949 jusqu’à la guerre des Six Jours en 1967. Elle continue de représenter les frontières internationalement reconnues d’Israël avec les deux territoires palestiniens : la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Le mur de Bethléem

The Flower Thrower, est apparu peu de temps après la construction du mur de Cisjordanie. Ce dernier mesure 760 km. Il sépare la Palestine d’Israël.

Initialement construite au cours de la seconde Intifada (de septembre 2000 à février 2005), après la mort de 800 civils israéliens dans des attaques terroristes, cette barrière a pour objectif, selon le gouvernement israélien, de ”protéger ses citoyens”.

Les partisans de la construction reprennent le nom officiel de “barrière” ou parlent de “clôture de sécurité israélienne”, de “zone de couture”, de “barrière antiterroriste” ou encore de “muraille de protection”.

Les opposants, y compris dans les rangs des mouvements israéliens de gauche, surnomment la construction “mur de la honte” (par analogie avec le Mur de Berlin) ou mur d’annexion. Certains d’entre eux le nomment également “mur de l’Apartheid”.

Vidéos

Mais qui est Banksy ?

Le street art de Banksy

Le choix du 20H : Banksy (La petite fille au ballon)

Les podcasts : 3 épisodes sur Culture G

Épisode 1 : Banksy, le buzz et l’argent du buzz

Épisode 2 : Banksy, le maître du street art

Épisode 3 : Banksy, l’illustre inconnu

La playlist Banksy

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Sur Deezer

Sources

  • Riseart L’œuvre à la Loupe : « Rage, the Flower Thrower » de Banksy
  • Wikipédia Lanceur de fleurs
  • LT (Lofty Trend) Banksy Flower Thrower
  • Royaume du tableau Banksy Flower Thrower : Comment cette œuvre est devenue culte dans le monde entier ?
  • Marianne Bouquet final : dépossédé de son œuvre, Banksy contraint à sortir de l’anonymat ?
© Banksy, "Lanceur de Fleurs" ("Flower Thrower"), Jérusalem, 2005
© Banksy, « Lanceur de Fleurs » (« Flower Thrower »), Cisjordanier, 2005

Le Street Art sur le blog de Marie-Anne

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2 commentaires
  1. Scheveiler dit

    C’est un super article
    J’ai vraiment adoré

    1. Marie-Anne Vernet dit

      Merci pour ce commentaire enthousiaste… Ça fait chaud au coeur.

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