
Van Gogh, Paysage avec maisons bleues
Vincent Van Gogh est mort… à Auvers-sur-Oise ! Le Musée d’Orsay propose la rétrospective de ses dernières œuvres, réalisées dans cette charmante petite ville campagnarde. Je suis allé voir tout ça de près mais je me suis égarée dans un Paysage aux maisons bleues. Je vous raconte…
Van Gogh, une place à part dans la peinture


Van Gogh, Autoportrait au chapeau de feutre gris, 1887.
Huile sur coton, 44,5cm x 37,2cm.
Amsterdam : Musée Van Gogh.
Van Gogh, Autoportrait , 1889.
Huile sur toile, 65cm × 54cm,
Paris : Musée d’Orsay.
Le peintre le plus universel de l’histoire de l’art
Van Gogh est à la peinture ce que Mozart est à la musique ou Baudelaire à la poésie. Bien sûr, il y a eu Léonard de Vinci, Michel-Ange, Rembrandt, Bach, Vivaldi, Haendel, Ronsard, Hugo, Éluard et bien d’autres artistes surdoués. Bien sûr, l’histoire de l’art nous offre un nombre considérable de chefs-d’œuvre somptueux. Mais Vincent Van Gogh, par sa vie, sa personnalité, son œuvre et son avant-gardisme occupe une place à part.


Vincent Van Gogh, La Chambre de Van Gogh à Arles, 1889, Huile sur toile, 57,3 X 73,5 cm, Musée d’Orsay.
Vincent Van Gogh, Amandier en fleurs, février 1890, huile sur toile, 73,5 × 92 cm, Amsterdam Museum.
Ses toiles si intenses, profondes, personnelles et universelles ont conquis le monde entier. Elles ont révolutionné notre rapport à l’esthétique. Elles nous ouvrent, encore et toujours, de nouveaux horizons visuels et virtuels. Du détail à la vision globale, notre regard sur son œuvre n’est qu’admiratif. Notre émotion si bouillonnante, notre intimité secrète rencontrent l’émotion collective si apaisante et réconfortante.

Regarder une peinture de Van Gogh, c’est contempler une beauté indicible, c’est partager un secret en partie révélé, un mystère presque dévoilé : C’est comprendre un peu mieux notre humanité.
L’exposition Van Gogh à Auvers-sur-Oise au musée d’Orsay
C’était sûr ! Je ne pouvais pas rater la première exposition consacrée aux œuvres produites par Vincent van Gogh (1853-1890) à Auvers-sur-Oise.
Les deux derniers mois de sa vie, le peintre, au sommet de son art, a produit 74 tableaux et 33 dessins, parmi lesquels des œuvres iconiques telles Le Docteur Paul Gachet, L’église d’Auvers-sur-Oise, ou encore Champ de blé aux corbeaux.
Présentée au musée d’Orsay, jusqu’au 04 février 2024, cette exposition m’a permis d’admirer une quarantaine de tableaux et une vingtaine de dessins : des paysages du village et de la campagne environnante, des portraits et des natures mortes.

Une incroyable et ultime série de chefs-d’œuvre
Comme nous l’expliquent nos amis de Parten.art, sur leur focus artiste : Vincent van Gogh : Ces œuvres, peintes avec le cœur, respirent la vie et l’énergie. Elles évoquent des sentiments universels de joie, de tristesse et d’espoir. Si elles témoignent d’une observation aiguë de la réalité de l’artiste, elles sont aussi le reflet de ses émotions intenses.
En contemplant cette incroyable et ultime série de chefs-d’œuvre, nous percevons intrinsèquement les recherches formelles* de l’artiste hollandais mais aussi son combat intérieur et ses déchirantes inquiétudes existentielles.
*Formelle : Qui repose sur la forme, qui privilégie la forme par rapport au contenu.


Van Gogh, Le Docteur Paul Gachet 1890, Huile sur toile, Ht 68,2cm, Lg 57,0cm. Don de Paul et Marguerite Gachet en 1949 au Musée d’Orsay. ©Musée d’Orsay / Patrice Schmidt.
Van Gogh, L’église d’Auvers-sur-Oise, vue du chevet, 1890, Huile sur toile Ht 93cm, Lg 74,5 cm. Achat avec le concours de Paul Gachet, fils du docteur Paul Gachet, et la participation d’une donation anonyme canadienne en 1952© Musée d’Orsay / Patrice Schmidt.
Heureusement, le 5 décembre dernier à 11h, j’étais bien couverte en sortant de la station de métro Solférino. Un petit froid parisien, bien vivifiant, m’a saisie durant les deux heures de queue. J’avais pourtant pris mes dispositions. Prévenue par le site du musée d’Orsay (en raison de l’affluence dans l’exposition “Van Gogh”, seule la réservation d’un créneau horaire dédié garantit l’accès), j’avais réservé mes entrées pour 11h30.
Plein les yeux, plein la tête

Au final, ce n’est qu’après 13h, qu’avec mon frère Bruno, nous avons pu commencer la visite. Vers 15h, en quittant le musée, nous avions les yeux remplis d’émerveillement, le cœur battant et la tête pleine de couleurs et de frissons.
Pour redescendre sur terre, nous nous sommes offert un petit picon et un succulent mais très tardif déjeuner dans une superbe brasserie, située à quelques pas du musée. Je peux vous dire, sans exagérer (et sans prise de tête), que ce mardi de décembre parisien grisâtre et morose, Bruno et moi avons longuement patienté (je n’ai presque pas râlé) mais qu’au final, nous nous sommes bien régalés… Et même deux fois !
Flash sur le tableau Paysage avec maisons bleues
Parmi toutes les œuvres exposées, un paysage a particulièrement retenu mon attention. Placé entre La maison du père Pilon, une huile sur toile aux couleurs vives issue d’une collection particulière et Rue du village, un dessin en noir et blanc à la mine de plomb prêté par le Van Gogh Muséum d’Amsterdam, Paysage avec maisons m’a tout de suite séduite et convaincue.
Hypnotisée dès que je l’ai vu, je me le suis immédiatement approprié. Je l’ai aussitôt rebaptisé Paysage avec maisons bleues. Comme ça, il est à MOI, voilà !

Analyse historique et culturelle de Paysage aux maisons bleues
Description de la période de la vie de Van Gogh lorsqu’il a peint cette œuvre
Installation à Auvers-sur-Oise
Vous avez à peine 37 ans, le mardi 20 mai 1890, lorsque vous arrivez à Auvers-sur-Oise. Vous êtes jeune et pourtant vous vous sentez fatigué, usé, âgé. Calme et paisible, située à moins d’une heure de train de Paris, la localité est un lieu de villégiature prisé des parisiens et des artistes de votre époque. La campagne environnante si présente, vous enchante.


Cartes postales d’Auvers-sur-Oise vers 1900, petite ville de deux mille habitants, à l’habitat dispersé, s’étalant sur huit à dix kilomètres, entre l’Oise et des carrières de pierre.

Muni de châssis*, de quelques toiles et de votre chevalet, vous louez, pour 3,50 francs par jour, une petite chambre mansardée à l’auberge Ravoux. Un petit local est mis à la disposition des clients artistes. Vous voilà donc un peintre parmi d’autres. Vous êtes prêt à tout pour ne pas à nouveau subir l’apathie de vos compagnons d’infortune de l’asile de Saint-Rémy-de-Provence où vous venez de subir un internement (à votre demande) de près d’une année.
*Châssis : Cadre destiné à maintenir en place des planches, des vitres, du tissu, du papier.
Une santé mentale fragile

Le 23 décembre 1888, Van Gogh reçoit une lettre de Théo lui annonçant ses fiançailles. Au lieu de se réjouir pour son frère, Vincent est paniqué. Il a peur que Théo ne l’exclue de sa nouvelle vie familiale et n’arrête de le financer.
Ce même jour, il se dispute violemment avec Paul Gauguin. Il comptait pourtant créer, avec lui, à Arles, un Atelier du midi. Mais Gauguin ne le supporte plus. Bon vivant, il n’arrive pas à cohabiter avec Van Gogh et ses délires psychotiques. Très énervé, Vincent menace d’un rasoir Paul qui s’enfuit.
Désemparé, Van Gogh se sent perdu. Il n’a plus personne pour l’aider… Affolé, il se tranche l’oreille gauche au rasoir.
Il éponge sa plaie avec ses draps, puis se rend dans la maison close de la ville. Complètement délirant, il offre son oreille coupée à Gabrielle, une jeune femme de ménage de 16 ans qui s’évanouit.
Le lendemain, il est admis à l’hôpital d’Arles pour un premier séjour en psychiatrie. (Sources : Le Dauphiné et Wikipédia)
Diminué mais motivé
Cette destination vous semble idéale. C’est Théo, votre frère, qui vous a encouragé à sortir de l’asile et à vous rendre à Auvers-sur-Oise. Sur les conseils du peintre Camille Pissarro, il a rencontré le docteur Paul Gachet. Désormais vous pouvez compter sur la surveillance médicale et bienveillante de ce médecin spécialiste des maladies nerveuses mais aussi peintre, graveur et collectionneur d’art.
La proximité géographique avec Théo, marchand d’art à Paris, vous rassure. Dès votre arrivée, vous lui écrivez : « Réellement, c’est gravement beau, c’est de la pleine campagne caractéristique et pittoresque*. »

Enthousiaste, vous évoquez la cohabitation de deux mondes imbriqués, avec « des villas modernes » au voisinage de “vieux chaumes qui tombent en ruine”. L’inspiration vous saisit, vous exprimez dans vos dernières peintures “le passage désespérément rapide des choses dans la vie moderne”.
Motivé comme jamais, vous vous remettez instantanément à peindre avec acharnement…
(Source Catalogue de l’exposition : Van Gogh à Auvers-sur-Oise, Les derniers mois et Wikipédia)
*Pittoresque : Qui attire l’attention, charme ou amuse par son aspect original.
Influences artistiques et personnelles de Van Gogh
Une seule passion : la Peinture
Des débuts comme marchand d’art
À 16 ans, vous voulez être marchand d’art, comme vos oncles. Formé à La Haye, vous travaillez à Londres où vous tombez amoureux d’Eugénie Loyer, la fille de votre logeuse à Brixton (un quartier du sud de la ville). Vous visitez tous les grands musées des villes importantes que vous traversez. Passionné, compétent, consciencieux, bien payé et très épris d’Eugénie ; à 20 ans, vous êtes heureux.
Mais Eugénie est déjà fiancée en secret. Célibataire dépité, vous partez travailler à Paris. Vous vous repliez de plus en plus sur vous-même. Vous dessinez de plus en plus. La marchandisation de l’art commence à vous peser. Dénué de tout côté mercantile, vous vous plaignez à vos clients. Finalement vous êtes remercié.
En quête de spiritualité

À 24 ans, vous voulez être pasteur, comme votre père. Vous étudiez la théologie à Amsterdam puis à Bruxelles mais vous échouez aux examens. Prédicateur ouvrier, laïc et solitaire, vous prêchez auprès des mineurs contre le patronat. Vous partagez leurs dures conditions de travail et d’existence.
Accusé d’être un meneur, vous êtes suspendu. Désœuvré, vous vous fâchez avec votre famille. Finalement vous vous inscrivez à l’Académie Royale des beaux-arts de Bruxelles, sur les conseils d’un ami peintre. Vos croquis à la mine de plomb, au fusain ou au crayon deviennent des aquarelles puis des peintures.
À 28 ans, vous vous réconciliez avec votre famille et devenez artiste peintre.
Van Gogh, dépositaire d’une grande culture artistique

Financé par Théo, votre frère cadet, marchand d’art à Paris, vous continuez d’explorer le monde de la peinture. Passionné, vous étudiez les toiles de Rubens, Rembrandt ou encore Delacroix.
Votre regard averti et souvent admiratif sur le travail de nombreux peintres contemporains (Daumier, Millet, Monet, Manet, Cézanne, Degas…) vous nourrit et vous inspire. Autodidacte, curieux, avide de savoir, constamment en recherche d’évolution, vous prenez des cours et améliorez votre technique.
Un style en constante évolution
Votre palette devient plus claire et plus colorée et vos coups de pinceaux deviennent plus nets. Votre peinture reflète vos recherches et l’étendue de vos connaissances artistiques. Votre œuvre pleine de naturalisme, inspirée par l’impressionnisme et le pointillisme, annonce le fauvisme et l’expressionnisme.

Guggenheim Muséum New York, Thannhauser collection
Vous le pressentez, votre vie ne sera pas ordinaire, votre rapport à la peinture sera exclusif, vital, charnel, dévorant. Votre solitude sera grande, votre existence sera instable, tourmentée et compliquée. Votre esprit sera dérangé, votre peinture sera de toute beauté…
Relations épistolaires et relations avec d’autres artistes, notamment Paul Gauguin
Lettres à Théo
L’abondance de votre correspondance permet de mieux vous comprendre. Les plus de 800 lettres écrites à vos proches, et en particulier les 652 courriers envoyés à Théo, nous racontent votre réalité exaltante et intense, votre fragilité touchante et tragique, votre combat acharné, votre sincérité et votre authenticité d’artiste.

Arles, v. 21 novembre 1888,
Plume et encre sur papier, 21 x 27 cm,
Musée Van Gogh, Amsterdam, Lettre 722.
Influence sur les artistes contemporains et postérieurs : Loin devant tous les autres
Tous ces mots échangés éclairent votre œuvre, illuminent vos toiles. Vous avez brûlé les étapes de la création. Vous avez fréquenté Pissaro, Toulouse-Lautrec, et tout le gratin des peintres parisiens, flamands et londoniens de votre époque. Vous avez échangé, travaillé et même bataillé avec Gauguin.
Des Pays-bas au sud de la France, en passant par Paris, Bruxelles et Londres, vous les avez tous semés d’un coup de pinceau, d’un trait de fusain.

Crayon sur papier, 48,8 x 30 cm,
Musée Van Gogh, Amsterdam.

1890, huile sur toile, 81.8cm x 65.5cm,
Otterlo, Kröller-Müller Museum
« Quel beau spectacle fait un vieil ouvrier, dans son costume de bombazine* rapiécé et sa tête chauve », a écrit Van Gogh à propos de ce dessin. L’artiste avait un penchant pour les figures populaires, marquées par la vie, et le titre Worn Out (épuisé) souligne l’élément dramatique du thème qu’il a choisi.
Ce vieil homme fatigué et courbé vivait à l’hospice réformé hollandais pour hommes et femmes à La Haye. Les résidents de la maison ont posé pour Van Gogh dans de vieux vêtements usés en échange d’une petite somme.
*bombazine : Étoffe fabriquée à Amiens.
Une période de transition artistique (fin du 19ème), une modernité fantastique
La littérature se mêlera également à la danse de vos influences. De nombreuses lectures (Honoré de Balzac, Victor Hugo, Émile Zola ou Charles Dickens) viendront enrichir votre vision du monde et renforcer vos convictions sociales. Avant-gardiste se méfiant du modernisme, votre art enterrera le 19ème siècle avant l’heure.
Votre influence époustouflera le 20ème siècle, elle annoncera de manière tout à fait incroyable le 21ème siècle. Le 05 décembre 2023 à Orsay, vous nous avez encore tous bouleversés…
Exploration détaillée et critique de Paysage aux maisons bleues

Paysage avec maisons, 1890,
Mine de plomb, huile et aquarelle sur papier vergé, 44 x 54,4 cm,
Amsterdam, Van Gogh Museum
Description détaillée du tableau
Mise en contexte dans l’ensemble de son œuvre, comparaison avec d’autres œuvres
Il y a tant à dessiner, ici à Auvers-sur-Oise, vous n’avez pas de temps à perdre. Vous avez demandé à Théo qu’il vous envoie du papier Ingres* mais le colis tarde à arriver. Vous n’avez pas chômé ces derniers jours. Vous avez peint 4 tableaux et terminé deux grands dessins sur papier vergé** : la “Vieille vigne avec une paysanne” et surtout le très spécial “Paysage avec maisons”.


Vielle Vigne avec une paysanne, 1890,
Mine de plomb, huile et aquarelle sur papier vergé, 44.3 x 54cm, Amsterdam, Van Gogh Museum
Huile sur toile, 59 x 72 cm,
St Pétersbourg, Musée de l’Ermitage
La dominante bleue de votre vieille vigne m’a enchantée. Visiblement, elle vous a encouragé à persévérer dans cette couleur. Du coup, tout de suite, vous avez enchaîné sur un Paysage avec maisons, qui traite du même motif que le premier tableau peint ici, à Auvers, il y a quelques jours : Chaumières. La technique et la dynamique sont toutefois complètement différentes et surtout vous avez utilisé une palette de bleus tout à fait surprenante et saisissante.

*Le papier Ingres : un type de papier à dessin.
**Le papier vergé : papier traditionnel, il se reconnaît à ses nervures, lesquelles guidaient autrefois l’écriture manuscrite.
Un dessin apparemment simple mais une technique élaborée et une dynamique forte
Vous voilà donc revenu au même endroit, au hameau de Cordeville, cette fois-ci sans toile mais avec une grande feuille. La peinture est restée à l’auberge. Aujourd’hui pas de palette, juste une mine de plomb. Vous voulez dessiner avec simplicité ce lieu si paisible. La météo est clémente, un peu venteuse mais le soleil est au rendez-vous. Vous vous attelez à la tâche avec plaisir.
Sur place : le crayon à mine de plomb
Vous commencez par un dessin épuré, réaliste, presque griffonné, comme dans les estampes japonaises que vous connaissez bien et que vous aimez tant. Des toits de chaume aux formes arrondies et sur la gauche, au fond, un toit moderne en ardoise : votre crayon trace les habitations au milieu de la page, juste en face de nous. Cheminées, fenêtres et murets en pierre apparaissent graduellement sur la feuille. Le hameau prend forme, surmonté par un enroulement de cimes d’arbres, qui renforce la ligne dynamique du premier plan*.
À l’atelier : Le pinceau, la peinture, la couleur
Vous ne vous attardez pas sur place. L’envie d’animer et de colorer ce croquis est trop forte, l’inspiration vous presse de rejoindre l’atelier sans tarder. Vous avez vraiment besoin de vous changer les idées entre deux tableaux, de faire des essais. À peine arrivé, vous sortez de la peinture à l’huile et de l’aquarelle.
Vous choisissez une dominante bleue qui confère une caractéristique unique dans votre œuvre* à ce dessin. Vous parachevez Paysage avec maisons au pinceau avec un tracé tout en rondeur et en arabesque, avec une ligne mouvementée, très contournée, à l’huile comme à l’aquarelle. Ici, partout les tons bleus l’emportent et nous emportent.
Ce grand dessin expérimental nous offre un paysage réel et onirique, calme et dynamique, équilibré et enchevêtré, absolument subjuguant. Le résultat est éblouissant. Jusqu’où votre talent nous mènera-t-il ?
*Catalogue de l’exposition
Maxime Le Forestier et sa célèbre Maison bleue à San Fransisco.
Van Gogh, un regard unique, universel et intime

Le dimanche 27 juillet 1890, un coup de feu a retenti à Auvers-sur-Oise. Un champ de blé a saigné. Vous êtes retourné à l’auberge tant bien que mal.
Vous vouliez vous tirer une balle dans le cœur mais votre cœur n’en a pas voulu. Avez-vous hésité au dernier moment ? Le recul du pistolet, la violence de votre geste vous ont-ils surpris ?
Vous n’avez jamais exprimé la volonté de mettre fin à vos jours. Dans votre dernier courrier à Théo, vous laissez transparaître une certaine sérénité.
Le balle se loge dans l’abdomen. Votre cœur bat toujours mais la blessure est grave, très grave. Vous agonisez pendant vingt-neuf heures.*
*Source France Culture
Ce fut une fin héroïque et brutale, l’aboutissement fatal d’une existence sans issue, tumultueuse, dominée par la maladie qui ne fut pas assez totale pour anéantir le cœur et exclure complètement la raison
Paul Gachet, 1956, Ouvrage des musées nationaux.
Le mardi 29 juillet à 1h30mn du matin vous nous avez quittés dans un sanglot pour rejoindre ce ciel bleu qui vous fascinait tant. Théo était là. Il a pleuré. Cette nuit-là, tous les artistes ont pleuré. Les étoiles ont brillé comme jamais…

Huile sur toile, 72,5 cm × 92 cm, musée d’Orsay, Paris.
À nous, il reste vos ciels, vos paysages, vos portraits, vos couleurs… Votre regard intensément bleu sur le monde.

La playlist, Les paysages de Van Gogh
Sur Spotify
Sur Deezer
Sur France Musique
Pendant une semaine, France Musique a proposé des idées musicales autour de « La Nuit Étoilée » de Van Gogh. L’émission Allegretto du 07 février 2025 dévoile cette playlist. Voyage nocturne au pays de la musique classique…
Un autre regard sur le bleu de Van Gogh

Escale à l’église d’Auvers-sur-Oise
“Le ciel sur lequel se découpait ce monument mêlant le gothique et le roman, se composait de plusieurs bleus et, bien qu’il n’y eût pas de nuages, les touches courbes, circulaires donnaient l’impression de masses d’air en mouvement – pourquoi pas un orage, mais plus sûrement le soir qui tombe, d’autant que les deux angles du tableau s’avéraient très sombres.”*
Des bleus profonds
“– Moi, si j’avais été le docteur, je l’aurais félicité pour ses couleurs bleues surtout.
– Il les aimait énormément. Et justement, Van Gogh a pris soin de traiter son ciel avec des bleus profonds dont les vitraux de l’église, d’un cobalt pur, sont l’écho. La pierre du bâtiment se nappe d’éclats violacés. Et puis tout en douceur, à mesure que l’on balaye l’œuvre du regard vers ses parties inférieures, s’opère une rupture de la composition…
– C’est comme si le ciel sombre, surtout dans les deux coins du tableau; l’église est un peu plus claire mais bon, c’est un mélange des deux. Par contre, le chemin au milieu, de l’herbe, lui, il est lumineux, on voit que c’est le printemps. Tu comprends, Dadé ? C’est le jour et la nuit à la fois.”*
*Extrait du roman “Les yeux de Mona” de Thomas Schlesser aux éditions Albin Michel, pages 282, 285 et 286.
Les vidéos
Exposition Van Gogh à Auvers-sur-Oise : Visite commentée par le musée d’Orsay
Visite de l’exposition Van Gogh à Auvers-sur-Oise au musée d’Orsay filmé
Van Gogh, l’artiste maudit
Vincent Van Gogh à Auvers : Ses 70 derniers jours
Les podcasts
Entretien avec les commissaires de l’exposition au musée d’Orsay
Exposition « Van Gogh à Auvers-sur-Oise. Les derniers mois » – Entretien
Europe 1
La véritable histoire des derniers jours de Van Gogh racontée par Stéphane Bern.
Van Gogh : Les récits du figaro
- Les séismes de l’enfance (1/3)
- La descente aux enfers d’un artiste maudit (2/3)
- Les derniers jours à Auvers-sur-Oise (3/3)
La compagnie des œuvres sur France Culture
Van Gogh et le monde tel qu’il est : Quatre émissions pour découvrir le peintre néerlandais Vincent Van Gogh. Quatre podcasts qui nous entraînent dans un univers de couleurs vives et tranchées, à la suite d’un coup de pinceau à nul autre pareil.
- Son œuvre et sa vie
- Une vie en or
- Le suicidé de qui ?
- L’art athée de Van Gogh
Sources
- Van Gogh à Auvers-sur-Oise, Les derniers mois, Hazan / musée d’Orsay / Van Gogh Museum (catalogue de l’exposition)
- Parten.art : FOCUS ARTISTE: Vincent van Gogh
- art majeur : TOP 10 : Les Autoportraits de Vincent Van Gogh
- Connaissance des arts : Exposition Van Gogh à Paris : une exceptionnelle réunion de chefs-d’œuvre qui tient ses promesses
- Musée d’Orsay : Van Gogh à Auvers-sur-Oise. Les derniers mois
- Wikipédia : Vincent van Gogh
- Le Dauphiné : C’est arrivé le 23 décembre 1888 : Van Gogh se coupe l’oreille
- France Culture : Vincent Van Gogh, le suicide et les mythes
- Les yeux de Mona, de Thomas Schlesser aux éditions Albin Michel, pages 282, 285 et 286
La peinture sur le blog de Marie-Anne
- Mucha : Le Maître de l’Art nouveau
- Œuvre d’art de Salvador Dali : La Métamorphose de Narcisse m’inspire…
- Zao Wou-Ki à l’Hôtel de Caumont
- Le baiser de Klimt
- Un petit prince dans le désert (illustrations/aquarelles)
Questions fréquemment posées
De nombreux psychiatres se sont penchés sur la question en étudiant l’abondante correspondance de Vincent Van Gogh. Ces nombreuses lettres leur ont permis de mieux comprendre sa personnalité.
Contrairement à la légende, Van Gogh n’était pas pauvre, son frère Théo lui fournissait suffisamment d’argent pour être à l’aise sur le plan financier. L’artiste, élevé par un père pasteur calviniste rigoureux, aimait la simplicité.
Passionné par la peinture, il était cultivé, méthodique et extrêmement travailleur comme en témoignent les nombreux croquis qui illustrent sa correspondance. Il prenait son art très au sérieux et décrivait son travail avec justesse et satisfaction. Il avait conscience de son talent.
Très émotif, il aimait la solitude, la réflexion et la contemplation. A part avec son frère Théo, ses rapports familiaux et sociaux étaient compliqués. Attachant, il est resté en contact avec Gauguin jusqu’à la fin de sa vie malgré l’épisode de l’oreille coupée. Théo était à son chevet pendant son agonie. Il ne lui a survécu que 6 mois.
Même pendant ses séjours en asile, il a peint magnifiquement. Pendant ces périodes, dans ses toiles, et en particuliers ses paysages, la réalité ne lui a jamais échappé. Son tourment intérieur habite son œuvre, sa vérité est au cœur de ce qu’il voit.
Sans psy, sans anxiolytiques, ni antidépresseur ou neuroleptiques, il s’est battu jusqu’au bout pour vivre et non survivre. Est-ce cela être fou ? Je ne le pense pas.
Dieu seul le sait. Et encore, s’il existe !
– L’église d’Auvers-sur-Oise
– Sous-bois avec deux personnages
– Paysage au crépuscule
– Paysage avec maisons
– Champ de blé sous des nuages d’orage
– Champ de blé aux corbeaux
– Un escalier à Auvers-sur-Oise
– La maison du père Pilon
– Vielle Vigne avec une paysanne
– Chaumières