Antonio Vivaldi : Encore de belles découvertes

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Portrait d'Antonio Vivaldi
Antonio Vivaldi 1678-1741

Le label français Naïve Classique poursuit la réalisation de son édition Vivaldi. Cette initiative est considérée comme l’une des plus marquantes de l’histoire des enregistrements de musique classique.

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The Vivaldi Edition, Un pari audacieux et risqué

Le 25 septembre 2020, la sortie du triple album « Il Tamerlano », vingtième opéra de Vivaldi enregistré aux éditions Naïve, est venu enrichir le très ambitieux et très beau projet  The Vivaldi Edition (1) d’un soixante-cinquième volume.

Lancé en 2001, par le label Opus 2011, ce projet pharaonique ambitionne d’enregistrer près de 450 œuvres du célèbre compositeur baroque.

Ce pari audacieux et risqué, en passe d’être gagné, contribue dans une très grande mesure à asseoir Antonio Vivaldi dans la modernité et, qui sait, dans l’immortalité.

« Pour réussir à mettre en musique ses saisons, Vivaldi se fait poète, en écrivant des sonnets, pour nous faire revivre tous les épisodes de chacune des saisons. C’est une musique qui prend vie chaque fois. »

Mathieu Lussier, professeur à la Faculté de musique de l’Université de Montréal

Une collection incroyable de partitions

Patrick Zelnik , fondateur du label Naïve, expliquait au journal le Monde, en Avril 2010 : « En rachetant Opus 111 en 2000,  je me suis engagé à poursuivre cette entreprise un peu folle mais qui entrait dans la ligne « philosophique » que j’entendais défendre avec Naïve. » (2)

partition écrite de la main de Vivaldi

De son côté, Susan Orlando, directrice du projet The Vivaldi Edition,  explique sur France Musique (3): «Lorsque Vivaldi est mort à Vienne en 1741, les autorités ont immédiatement bouclé sa maison. Elle ne contenait aucun manuscrit musical, mais il y avait un grand coffre vide. Il semble que le frère de Vivaldi s’était emparé de la musique et l’avait vendue.

Les partitions se sont retrouvées chez divers riches collectionneurs. En 1930, la musique éparpillée a été rassemblée et léguée à la bibliothèque de Turin. Il s’agit de la plus grande collection de partitions manuscrites du XVIIIe siècle. Elle comprend de nombreuses œuvres inédites de Vivaldi. »

Susan Orlando

portrait de Susan Orlando
Photo, © Denis Rouvre

Musicologue et gambiste* américaine ayant étudié au Conservatoire de Boston, spécialisée dans la musique du XVIIe siècle, Susan Orlando était l’invitée de Clément Rochefort pour l’émission Musique Matin sur France Musique le 29 décembre 2017.

* Gambiste : qui joue de la viole de gambe.

Tombée en désuétude à la mort du compositeur pour ne réapparaître que peu à peu au cours du XXe siècle, l’œuvre du créateur des « Quatre Saisons » a longtemps été considérée comme peu digne d’être tirée de l’oubli. La boutade attribuée à Stravinski, selon laquelle Vivaldi aurait écrit 450 fois le même concerto n’a pas facilité sa réhabilitation et sa diffusion.

Vivaldi à la mode

Redevenue à la mode au cours de ces dernières décennies, l’œuvre d’Antonio Vivaldi nous est finalement parvenue. À défaut d’être d’accord avec Stravinsky, nous pouvons suivre l’opinion de Bach.Il s’est donné la peine de transcrire nombre de ses concertos et s’en est beaucoup inspiré.

Aujourd’hui, « Les quatre saisons » sont probablement les concertos pour violon les plus connus de l’histoire de la musique. Au-delà de ce chef-d’œuvre, Vivaldi nous a légué plus de 800 compositions, soit un nombre considérable de concertos, de sonates, d’opéras et de pièces religieuses.

Si le violon reste son instrument roi, il a fait appel à presque tous les instruments en usage à son époque : violoncelle, viole d’amour, hautbois, basson, flûte à bec et flûte traversière, piccolo, cor, trompette, luth, mandoline, orgue et clarinette.

« Goûter Vivaldi implique une régression, l’acceptation d’un certain abandon du sens critique et un lâcher prise pour entrer en résonance avec l’expression des passions humaines. Musique sensuelle, l’œuvre de Vivaldi restera toujours hermétique aux infirmes du cœur. »

Roger-Claude Travers, docteur en médecine, musicographe, critique musical spécialiste de la musique italienne du XVIIIe siècle « Le procès Vivaldi », dans « Diapason » (489), spécial Vivaldi, février 2002

Devenu l’un des compositeurs baroques les plus prisés en Europe et dans le monde, Vivaldi est désormais considéré comme un génie indémodable. Ainsi, Jean-Christophe Spinosi, chef d’orchestre français, considère que « Chez Vivaldi, il y a le même swing, la même tonicité et les mêmes grilles d’accords que dans la pop. C’est très rock’n’roll et groove.» (4)

Le catalogue Vivaldi n’est certainement pas étranger à cet engouement. Et, le label Naïve poursuit son projet pour le plus grand bonheur des mélomanes. Plus d’une douzaine d’enregistrements supplémentaires devraient sortir d’ici 2028, l’année qui marquera le 350e anniversaire de la naissance du compositeur.

Il Tamerlano, 20ème opéra de Vivaldi enregistré aux éditions Naïve

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Un livret intitulé Tamerlano

Tamerlan passe pour être le nouveau Gengis Khan. Grand conquérant turc, ce personnage est entouré de légendes. On raconte par exemple qu’il possédait un anneau qui changeait de couleur quand quelqu’un disait un mensonge. Tamerlan n’est, au début, que le chef d’une bande de pillards. Il réussit, après une série de victoires dévastatrices, à faire prisonnier l’empereur Bajazet. Lui et sa femme sont longuement soumis à la torture, au point que Bajazet préfère se tuer en se fracassant la tête contre les barreaux de sa prison. (C’est sympa !)

(Wikipédia)

Le Tamerlan (Il Tamerlano)

Timour, plus connu sous le nom de Tamerlan (Timour le Boiteux en Persan), est né le 9 avril 1336 à Kech, dans l’actuel Ouzbékistan. Il est mort le 18 février 1405 à Otrar dans l’actuel Kazakhstan. Guerrier  turco-mongol du XIVe siècle, il fut le conquérant d’une grande partie de l’Asie centrale et occidentale. Il fut également le fondateur de la dynastie des Timourides qui a existé jusqu’en 1507.

(opéra baroque.fr)

Message Personnel

Monsieur Vivaldi, je devrais dire Père Antonio, il paraît que vous vous êtes absenté de longues minutes, pendant une messe que vous célébriez, pour noter sur une partition une idée de composition. Franchement, c’est pas sérieux !

La musique classique sur le blog de Marie-Anne

Sources

La source Le Monde France Musique Le Temps

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4 commentaires
  1. Bernard Pituello dit

    Une oeuvre à découvrir très intéressante mais très vaste.
    Merci Marie-Anne

    1. Marie-Anne Vernet dit

      oui, il y a encore beaucoup de facettes d’Antonio Vivaldi à découvrir, notamment sa vie… Merci Bernard pour ce commentaire.

  2. Marie-Gaëlle de Engie dit

    Un article simple et concis mais très enrichissant pour en savoir un peu plus sur les œuvres de Vivaldi. En attendant la suite avec impatience. Merci

    1. Marie-Anne Vernet dit

      Merci Marie-Gaële, à bientôt en virtuel, je l’espère…

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