Défoncée au reggae !

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Entendez-vous cette musique festive derrière le nuage de fumée? Sentez-vous ce parfum exotique de Jamaïque à l’odeur caractéristique? Just keep cool : nous partons dans les Caraïbes, sur les traces du rastafarisme, tenter de rejoindre la Terre Promise du reggae…

Le reggae est né en Jamaïque, tout le monde le sait. Son icône, Bob Marley, l’a exporté dans le monde entier. Intimement lié au rastafarisme, il a connu son apogée dans les années 70 et 80. Inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2018, il résonne toujours avec force et tranquillité dans nos vies. Le rastafarisme a évolué et a survécu. Quarante ans après le décès de Bob Marley, le reggae est toujours d’actualité.

« C’est dans le calme et la confiance que sera votre force. »
( Isaïe 30.15)

Le rastafarisme

Jah Rastafari

Aéroport de Kingstom, ce jeudi 21 avril 1966, l’empereur d’Éthiopie Haïlé Sélassier 1er, descend de l’avion. Impressionné par la foule considérable qui l’attend, ce n’est qu’après 45 minutes d’hésitation, qu’il se décide à sortir de l’appareil. Médusé, il entame alors une visite officielle historique de trois jours qui le mènera dans toute l’île.

Le Negus en jamaïque.

Le negus, icône du reggae malgrès lui !
Le negus avait entendu parler d’une croyance messianique en vogue dans cette île lointaine mais il ne s’attendait pas du tout à cette ferveur, à ces milliers de descendants d’esclaves africains venus le célébrer comme un Dieu vivant.

A 14h15mn, Tafari Makonnen, couronné en 1930 roi des rois d’Éthiopie (seul pays d’Afrique non colonisé), considéré par ses sujets comme le descendant du roi Salomon et de la reine de Saba, foule le sol jamaïcain. Il devient, à l’instant même, le Ras Tafari (roi Tafari), incarnation du « Christ Noir » autrement appelé Jah Rastafari (Dieu Rastafari) pour le peuple jamaïcain avide d’émancipation et de liberté.

La prophétie

Et dans la foule, quelque part à la sortie de l’aéroport, une certaine Rita Marley croise le regard d’Haïlé Sélassié. Elle connait la célèbre prophétie du pasteur James Morris Web qui circule depuis les années 1920 :  «Regardez vers l’Afrique, où un roi noir sera couronné, car le jour de la délivrance est proche ». Persuadée d’avoir vu une tache dans la paume du Négus  « comme s’il avait été crucifié »*, elle est très marquée par cet épisode. Elle en discutera souvent avec son mari Bob Marley parti travailler à l’étranger au moment de ces événements.

*propos de Ziggy Marley, fils de Bob et Rita Marley

La chanson War de Bob Marley, sur l’album rastaman Vibration, s’inspire du discours prononcé le 4 octobre 1963 par Haïlé Sélassié devant l’Assemblée générale des Nations-Unies à New York

Léonard Percival Howell, fondateur du rastafarisme

Léonard Percival Howell est le premier à avoir associé la prophétie du révérend Web à Haïlé Sélassier 1er. Cet afro-jamaïcain, marin de profession, grand voyageur, a initié, dès 1932, un nouveau courant de pensée, à la fois économique et spirituel, visant à « rendre justice à l’homme noir, à lui rendre sa place dans le monde »*. Puisant à des sources aussi diverses que le christianisme, l’hindouisme, le marxisme­, la culture africaine, indienne et orientale, il fonde, en 1940, la première communauté rasta au Pinnacle.

*source : Helen Lee, journaliste, Libération, et France Culture

Le Pinnacle, terre des rastas

Immense domaine situé dans une zone montagneuse, le Pinnacle sera pendant plus de 15 ans l’état indépendant des rastas, au coeur de l’état colonisé de la Jamaïque. Jusqu’à 3 000 personnes viendront y trouver refuge, bâtissant leur maison, cultivant la terre et pratiquant un artisanat utile à toute la communauté.

le pinnacle, première communauté du rastafarisme.
Vue aérienne du Pinnacle, la première communauté Rasta (circa 1953)
Crédits : Archive d’Hélène Lee

Loin de Babylone

Les premiers habitants sont bientôt rejoints par des gens moins pauvres, des artistes (surtout des musiciens) et des intellectuels noirs. Tous réfléchissent à l’avénement d’une société où justice, spiritualité et liberté assureraient le bonheur de chacun. Hostiles aux dogmes, rejetant le système économique capitaliste et colonialiste qu’ils nomment Babylone, les habitants du Pinnacle, sous l’égide d’Howell, parviennent à l’autosuffisance. Le Pinnacle devient même la plus grosse entreprise alimentaire de l’île. Les autorités en place, au service de sa Majesté le roi de l’Empire britanique Georges V, sont outrées !

Il faut bien dire que le mode de vie au Pinnacle n’est pas très brittish. Ces descendants d’esclaves vénèrent un Dieu noir, ne boivent pas d’alcool, cultivent le chanvre et le consomment en guise de sacrement. Ils prônent un mode de vie apaisé, orienté vers la nature et le bien être. Végétariens, défoncés à la ganja, ils revendiquent leur indépendance et refusent de payer des impôts à la Couronne. Ecologistes et altermondialistes* avant l’heure. Ils suscitent le mépris et la méfiance des autorités.

*L’altermondialisme désigne les mouvements promouvant l’idée qu’une autre organisation du monde est possible. Sans rejeter la mondialisation, ils se proposent de la réguler. De manière générale, le mouvement altermondialiste s’oppose au libéralisme économique et à la mondialisation économique des pratiques financières pour favoriser une économie plus sociale et mieux répartie. Ces oppositions conduisent à une recherche d’alternatives, globales et systémiques, à l’ordre international de la finance et du commerce. (wikipédia)

La fin et le commencement

Finalement, en 1954, la police intervient. Le Pinnacle est évacué dans la violence. Il sera définitivement démantelé en 1958. La répression rattrape les rastafaris. Léonard Howell, déjà emprisonné et interné en hôpital psychiatrique dans les années 30, se retire vivre en ermite dans une grotte. Il retourne à l’anonymat et meurt à l’hôpital de Kingston le 12 février 1981.

Les habitants du Pinnacle, désormais disséminés dans tout le pays, investissent les ghettos de l’île. Loin de baisser les bras, ils durcissent le message d’Howell et le propagent à travers la musique. L’arrivée des sound systems (matériel de sonorisation transportable) leur permet de diffuser des paroles militantes sur un son nouveau, inspiré du mento (musique populaire jamaïcaine), du jazz et du rythm’n and blues. Le reggae est en train de naître.

La démolition du Pinnacle n’aura pas l’effet escompté. Initié par Léonard Percival Howell, le rastafarisme ne s’éteint pas. Au contraire, il se répand partout dans les villes et gagne les campagnes. Désapprouvé par les autorités britanniques puis jamaïcaines, il se radicalise en se rapprochant de la doctrine « nationaliste noire » défendue par Marcus Garvey.

Marcus Garvey, le prophète

Marcus Garvey, prophète du rastafarisme
Peinture murale de Marcus Garvey – 56 Hope Road, Kingston, Jamaïque (1990)

Black Moses

Surnommé Le Moïse Noir par les rasta, Marcus Garvey ne croit pas, contrairement à Howell, avec qui il est ami, que l’émancipation des afro-américains est possible hors de l’Afrique. Précurseur du panafricanisme*, militant de la cause noire en Jamaïque, où il est né, mais aussi aux Etats-Unis et en Angeleterre, Garvey prône la réhabilitation et le retour des descendants des esclaves noirs en Afrique.

Et Marcus Garvey se donne les moyens de son ambition. Simple employé dans une imprimerie de l’île, il se syndicalise et se révèle redoutable orateur. Renvoyé, il quitte l’île pour les Etats-Unis. Il se lance alors dans le journalisme, fonde son propre journal en 1918, au lendemain du premier conflit mondial : The negro World. Il devient l’un des premiers grands défenseurs de la cause noire et redonne confiance aux nombreux Jamaïcains fraîchement démobilisés présents à Harlem. Pour lui et pour les adeptes du rastafarisme naissant, l’heure de la rédemption a sonné.

Get up, stand up

Soyez autant fiers de votre race aujourd’hui que l’étaient vos pères dans le passé. Nous avons une histoire magnifique, et nous allons en créer une autre dans l’avenir qui étonnera le monde.

Marcus Garvey

*Le panafricanisme est un mouvement et une idéologie politique qui promeut l’indépendance totale du continent africain. Il encourage la solidarité entre les Africains et les personnes d’ascendance africaine, où qu’ils soient dans le monde, indépendamment de leurs origines ethniques, de leurs appartenances religieuses, ou de leurs apparences physiques. (Wikipédia)

« Si l’Anglais clame que l’Angleterre est son habitat naturel, de même que la Françe l’est pour le Français, l’heure est venue pour 400 millions de Noirs de revendiquer leurs droits sur l’Afrique, » affirme haut et fort Garvey. Il se lance dans les affaires et fonde notamment en 1919, à l’aide d’une souscription auprès des Afro-Américains, une compagnie maritime sensée servir le projet de rapatriement vers l’Afrique : la Black Star Line. « Il est suivi par 250 000, voire 300 000 sympathisants. Les autorités fédérales commencent alors à s’intéresser à lui. »*

*Wikipédia

Mais bien vite, les affaires de Garvey périclitent. L’implication du FBI dans ses difficultés financières est suggérée par beaucoup mais n’a jamais été prouvée. Il accumule les faillites. Accusé d’escroquerie, il est condamné à de la prison puis extradé en Jamaïque où il devient un héros national. Avide de reconnaissance internationale, il part s’installer à Londres en 1935 où il meurt à 52 ans, le 10 juin 1940, foudroyé par une crise cardiaque.

Le pouvoir de l’esprit

« Lève-toi, race puissante, accomplis ce que tu désires. » (Marcus Garvey)

Les disciples de Marcus Garvey sont toujours nombreux. Ils n’ont jamais cessé de diffuser son message, à l’image de Bob Marley qui estimait que « sans Marcus Garvey, rien n’aurait été possible ». Considéré par les rastafaris comme un prophète, Garvey est devenu la personnalité la plus admirée et la plus populaire (après Bob Marley bien sûr) de la Jamaïque et des musiciens reggae.

Du rastafarisme au reggae

L’âme du reggae

L’esprit de la Jamaïque

Le rastafarisme a précédé le reggae. Mouvement religieux et social, il a accompagné l’émergence, l’expansion et l’épanouissement de cette musique à la Jamaïque et au monde. Porté par des artistes légendaires de l’île, tels Bob Marley, Peter Tosch, Winston McAnuff (…) mais aussi par une multitude de musiciens anonymes, le reggae s’est exporté sur toute notre planète sans (presque) jamais s’éloigner de l’esprit de sa terre natale.

L’étymologie du mot « reggae » est incertaine. Il dériverait de l’anglais regular people (« gens du peuple ») ou de raggedy (« déguenillé »). D’autres sources indiquent qu’il vient de l’argot jamaïcain streggae (« femme facile »). Ce qui est sûr, c’est que le terme de reggae a été utilisé pour la première fois dans la chanson Do the reggae écrite en 1968 par Toots, leader du groupe The Maytals. GRALON

Dans le monde entier

Rapidement considéré comme une musique révolutionnaire, pacifiste et universelle, le reggae a été adopté aux Etats-Unis (Max Romeo, Groundation), en Afrique (Tiken Jah Fakoly, Alpha Blondy) et en Europe (Steel Pulse, UB 40). Il n’y a pas un grand musicien international de reggae qui ne soit allé enregistrer en Jamaïque, berceau du mouvement rastafari et terre nourricière du reggae.

Aux armes et cætera, le quatorzième album studio de Serge Gainsbourg, est sorti le 13 mars 1979. Il a été enregistré en douze jours, en janvier 1979, au Dynamic Sounds Studio à Kingston (Jamaïque) avec certains des meilleurs musiciens de reggae de l’île ainsi que les membres des I Threes (choristes de Bob Marley). Wikipedia

Tous fans de Bob Marley

Jamaïcains, européens, descendants d’esclaves africains ou de dockers londoniens, tous fans de Bob Marley, les musiciens reggae ont repris les symboles du rastafarisme à leur compte. La grande majorité d’entre eux n’a pourtant jamais adhéré entièrement au message utopiste et jusqu’au boutiste des fondateurs. Le reggae a fait du rastafarime un mouvement culturel surprenant et inspirant.

Jimmy Cliff demeure distant vis-à-vis du rastafarisme. Il en approuve le culte des racines africaines mais non celui, mystique, de l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié. Sans être uniquement rasta, son credo, est très peace : «Nous sommes tous frères et sœurs.» L’express

Les symboles du reggae

Les couleurs du reggae

En 1897, après la victoire des Ethiopiens sur l’Italie, qui préserva l’indépendance du pays, l’empereur Ménélik II adopta comme drapeau national, un étendard tricolore vert, jaune et rouge. Dans la seconde moitié du XXe siècle, en hommage à la nation éthiopienne, 12 pays du continent(*) ont également adopté ces couleurs .**

Sous l’influence de Marcus Garvey, bon nombre de rastas considéraient l’Ethiopie comme la Terre Promise. C’est donc tout naturellement qu’ils ont adopté ces trois couleurs symboles de la souffrance mais aussi de la richesse et de l’espoir que porte le continent Africain : le vert pour l’espoir, le jaune pour la richesse, le rouge pour le sang versé et le courage.

Au 19ème siècle, les couleurs furent inversées. C’est sur fond rouge, jaune et vert que la bannière rasta, frappée, selon les circonstances, d’une fleur de canabis, d’un logo, d’un lion (…), a fait le tour du monde au 20ème siècle.

(*)Mauritanie, Mali, Sénégal, Guinée, Cameroun, Éthiopie, Ghana, Congo, Sao Tomé-et-Principe, Burkina Faso, Bénin, Guinée-Bissau et Togo.
(**)Source CNews

Le lion de Juda

Dans le livre de la Genèse, le lion est l’emblème de la Tribu de Juda (une des 12 tribus d’Israël) dont seront issus les rois David et Salomon. Plus tard, dans l’Apocalypse et selon la tradition chrétienne, le lion désignera Jésus-Christ, lui-même issu de la lignée de David.

Le lion est également le symbole de la royauté éthiopienne puisque le négus serait le descendant du roi Salomon et de la reine de Saba. D’ailleurs, Haïlé Sélassié (alias Rastafari) a été couronné « Lion Conquérant de la Tribu de Juda ».

le lion, animal emblèmatique des rasta
Drapeau de l’Éthiopie de 1897 à 1975.

C’est donc ce lion, associé à l’Ancien Testament, au roi d’Éthiopie et au Christ, qui est devenu un emblème de l’identité rastafarienne et du mouvement reggae. Symbole de puissance, de force, de résistance, de patience et de courage, il est très admiré par les inconditionnels du reggae. Certains, qui ont les pupilles très dilatées, vont même jusqu’à envisager leur dreadlocks comme un hommage à sa crinière. (ça fait du bien de rire un peu, merci amis du reggae.)

Les dreadlocks

Le port des dreadlocks est apparu, chez les rastas, dans les ghettos de Kingston, peu après la destruction du Pinnacle. L’histoire dit qu’ils firent peur (dread) aux anglais avec leurs locks (mèches), ce qui expliquerait le nom moderne de cette coiffure ancestrale.

Au départ, le port des dreads revêtait une signification spirituelle et religieuse. « Pour les plus anciens, les premiers rastas se sont laisser pousser les cheveux en référence au naziréat, un phénomène religieux datant de l’ancien testament et du judaïsme. Pour devenir un nazir, l’homme ou la femme ne doivent jamais se couper les cheveux ni, pour l’homme, se raser la barbe.« *

*Bob Marley & la légende du reggae, Alain Gardinier aux éditions Gründ

« Pendant tout le temps de son naziréat, le rasoir ne passera point sur sa tête ; jusqu’à l’accomplissement des jours pour lesquels il s’est consacré à l’Éternel, il sera saint, il laissera croître librement ses cheveux. »

 Nombres 6:5
Héritage du rastafarisme, les dreadlocks coiffent les adeptent du reggae
Les dreadlocks, coiffure emblèmatique de Bob Marley

La célébrité de Bob Marley a renforcé l’intérêt des dreads dans le monde entier. En devenant une mode dans les années 1970, elles ont perdu leur connotation religieuse, mais ont gardé leur symbole politique.
Dans les pays occidentaux, les dreadlocks sont devenues très populaires parmi certains groupes sociaux, tels que le mouvement alter-mondialiste ou les activistes écologistes. (1) « Pour les peuples afrodescendants, cette coiffure est restée un symbole de résistance et de libération », explique Jean-Pierre Le Glaunec, professeur d’histoire au Canada.(2)

(1) Wikipédia
(2)Jean-Pierre Le Glaunec, professeur d’histoire à l’Université de Sherbrooke, spécialiste des Amériques noires – Le Devoir

Le message du reggae

Il faut bien le reconnaître, sous bien des aspects, le reggae véhicule un message utopique et décalé. Pourtant, derrière les fantasmes, les apparences et le pittoresque, se cache un courant de pensée empreint de spiritualité, tourné vers l’écologie, la justice sociale et l’avenir.

Difficile de dissocier le reggae de la ganja (marijuana). La violence rentrée de cette musique et le flegme trompeur des rastas sont intimement liés aux effets de cette plante que ces derniers utilisent comme une arme spirituelle et économique. Philharmonie de Paris

Le retour à l’Éthiopie, Terre Sacrée des rastafaris n’a pas eu lieu. Quelques centaines d’adeptes ont pourtant bien émigré, dès 1948, dans la région de Shashamane, au sud du pays, sur les 200 hectares que le Négus, à contre-coeur, avait mis à leur disposition. Ils n’ont pas trouvé la Terre Promise… D’ailleurs, les éthiopiens, eux-même, n’ont jamais compris cette doctrine du retour. Eux, au contraire, rêvaient de rejoindre les pays riches en Amérique ou en Europe.

L’Invitation au Voyage

Aujourd’hui, rares sont les adeptes du rastafarisme qui prônent le retour à l’Afrique. La recherche de la Terre Promise est pourtant toujours au cœur du reggae. Elle a pris la forme de l’envie d’ailleurs, de l’attrait pour le voyage, la découverte et le dépaysement à la recherche de nouveaux horizons où l’harmonie entre la nature, l’autre et soi-même est possible, loin du tourisme de masse.

« On veut courir vers notre avenir, nager dans nos souvenirs »
« On est bien où on est mais on veut voir le reste » (Danakil)

Et le reggae voyage, il continue d’être diffusé partout. Ses musiciens n’ont de cesse de chanter leur soif de spiritualité, d’humanité, d’amour et de paix. Haïlé Selassié est mort. Jah Rastafari lui a survécu… Sur toutes les ondes de la planètes, les appels de la communauté reggae à l’amour, au respect et à la tolérance se succèdent.

Vers un monde meilleur

Rien ne semble pouvoir les faire taire. Inlassablement, ils dénoncent les guerres, la corruption, l’injustice, la violence faite aux plus démunis.

Tenaces, ils poursuivent leur combat en musique. Babylone, n’aura pas raison d’eux, ils en sont convaincus. Leur force, c’est leur optimisme, leur incroyable et inébranlable espoir en un monde meilleur.

Comme nous le rappelle Linda Aïnouche*, sur le site des Nations-Unis, « la plupart des artistes de reggae s’inscrivent dans la lutte contre les préjugés sous toutes leurs formes. En dénonçant l’asservissement injuste, l’intolérance raciale et les conditions de vie misérables, ces musiciens semblent être des témoins vivants de la mémoire populaire, des récits historiques, des révoltes contemporaines et des espoirs de changement.»

*Linda Aïnouche est une anthropologue indépendante spécialisée dans le patrimoine culturel et les relations interculturelles.

Insouciants que nous sommes, nous étions partis rejoindre une bande de musicos rigolos pour une petite fiesta tranquille à la Jamaïque. Des rastas sont arrivés avec leurs dreads à la Bob Marley, leurs vêtements flashys, leurs regards rêveurs et rieurs. Il se sont installés calmement sous nos yeux amusés et médusés d’européens pragmatiques. Nous pensions qu’ils étaient complétement à côté de la plaque. Et puis, ils se sont mis à jouer et à chanter du reggae… Ils nous ont bien enfumés !

Au rythme du reggae : Vocabulaire musical

Le reggae peut-être caractérisé par :

  • un rythme à quatre temps.
  • le skank qui désigne le contretemps (ou after-beat) propre au reggae (en fait une accentuation du second et du quatrième temps), généralement marqué par un accord plaqué joué par la guitare rythmique ou le clavier.
  • un coup de caisse claire sur le one drop (3e temps).

Source : Wikipédia

Le mento

Première musique populaire de la Jamaïque, le mento renvoie également à la danse libre qui l’accompagne. Son émergence est liée à l’histoire coloniale de la Jamaïque, sous domination anglaise à partir du 17e  siècle.
Les esclaves de la Jamaïque s’approprient le quadrille (mazurkas, polkas et valses) des anglais et le recréent avec leurs propres orchestres lors des danses du samedi soir, ou encore en cachette pendant la nuit. Ces assemblées participent à l’élaboration de leur propre culture et d’une forme de résistance, le discours étant caché dans la musique et les paroles à double sens.
Aujourd’hui encore, le mento reste une musique populaire, une forme de résistance, et l’expression d’une singularité  jamaïcaine.

Source : cases-rebelles.org

Le ska

A la fin des années 50, apparaît le ska. Il naît de la fusion entre le mento, le jazz et le rythm’n’blues.
Au fil du temps, la syncope du boogie-woogie, basée sur le contretemps, s’accentue au point de devenir le temps fort du rythme. Le ska se dégage peu à peu des différents styles. Il se caractérise par un rythme syncopé marqué par un temps fort sur les deuxième et quatrième temps de la mesure. Le jeu de guitare correspond au contretemps du R&B et au piano du boogie. Les cuivres ainsi qu’une contrebasse sont ajoutés pour les solos de jazz. Les morceaux sont souvent instrumentaux, frénétiques et soutenus.
En 1960, le ska se distingue et devient un genre à part entière.

Source : Wikipédia

Le rocksteady

Le rocksteady est le résultat de la transformation du ska, rythme à quatre temps, en un tempo binaire, plus lent, avec généralement moins de cuivres mais davantage de place accordée aux claviers et au chant. Successeur du ska, précurseur du reggae, le rocksteady est joué par des groupes vocaux jamaïcains qui se sont souvent d’abord illustrés dans le ska.
Le rocksteady a connu une existence courte. Son heure de gloire a duré environ deux ans, de 1966 à 1968.

Source : Wikipédia

Le reggae roots

A la mort de Bob Marley, le 11 mai 1981, s’ouvre une période noire pour le reggae en Jamaïque. Des mouvements rigoristes, racistes, homophobes et machistes s’installent à la périphérie et même au coeur du rastafarisme. Des paroles appelant à la haine et à l’insurrection par les armes apparaissent. Le message initial, tourné vers la spiritualité, le respect de l’autre, la résistance dans la non-violence, est alors négligé. Pourtant, la voix de l’espoir existe toujours. Elle est incarnée dans un sous-genre appelé le « reggae roots » ou « roots reggae ». C’est lui qui va prendre le dessus, dès 1995, avec le « new roots ». Il va redonner son climat positif, constructif, universel et surtout sa modernité au reggae.

Le dub

« Aux origines de la techno, on trouve le dub, genre musical dérivé du reggae.
En Jamaïque, quelques esprits aventureux comprennent dès le début des années 70 tout le parti à tirer des techniques naissantes de remix. Le plus brillant d’entre eux est sans conteste Osbourne Ruddock, alias King Tubby. Ces remix, que l’on appelle dubs (du verbe to dub : copier), apparaissent tout d’abord en face B des 45 tours. Dans la plupart des cas, leurs auteurs ne sont pas crédités. Il faut attendre 1973 pour que soient édités, à des tirages confidentiels, les premiers albums dub (Blackboard jungle dub, Aquarius dub et Java Java Java Java) et l’année suivante pour que le nom de ces savants du son soit enfin mentionné. »

Pour faire simple le dub est la version électro du reggae.

Source : Les Inrockuptibles Le dub : l’origine du son (par Vincent Tarrière, publié le 3 avril 2000)

La playlist : Reggae at home

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Les vidéos : l’histoire du reggae

Pas de reggae sans rastafarisme

De la Jamaïque à l’Afrique au monde entier

Léonard Percival Howell, le premier rasta (par Helen Lee)

Les podcasts de France Culture

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Universal cry de Nasio Fontaine

Bien qu’ayant disparu de la circulation depuis plus de 15 ans, Nasio Fontaine est élu plus belle voix du reggae par le blog de Marie-Anne à l’unanimité de moi-même. Son dernier album Universal Cry, paru en 2006 est un véritable chef-d’œuvre : un album indispensable.
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Universal Cry

Après avoir décroché le titre de 'Meilleur artiste reggae de l'année' (Gavin Report US), et s'être fait connaître en France avec son précédent album, Living Up The Positive, NASIO FONTAINE revient avec son nouvel opus Universal Cry (Greensleeves). Ce disque, produit par RICHARD EVANS (PETER GABRIEL.) possède un son frais et unique qui...

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Live story de Nâaman

Du public, du reggae aux accents de hip-hop, de soul et de world, de l’énergie et de l’émotion, Live story est un album remarquable du remarqué Nâaman, distigué sur ce blog et décoré du titre très honorifique de Meilleur Artiste Reggae Français.

Le CD

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Live Story

Alors que la tournée mondiale touche à sa fin, Naâman, la révélation reggae de ces dernières années, vous donne rdv le 3 mai, pour son 1er album live : A Live Story. ‘Beyond The Tour’ c’est un an de tournée, plus de 80 concerts, 5 musiciens sur scène, des featurings inédits et des milliers de spectateurs. Cette tournée a marqué...

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Le Vinyle

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Live à la maison de Danakil

Cela fait déjà 20 ans que Danakil chante un reggae engagé et métissé, très séduisant à nos oreilles. Le groupe s’est formé en 2000, sur les bancs du lycée «Louis de Broglie», à Marly-Le-Roy, en région parisienne. Sur l’album Live à la maison, le groupe nous propose 19 reprises en version acoustique. Très très sympathique…
Déjà auréolé d’une victoire aux Web Awards Reggae en 2008 et de deux victoires de la musique en 2012 et 2013, Danakil est désormais Meilleur Groupe Reggae Français 2022 sur le blog de Marie-Anne. (Je sens qu’ils sont ravis…)

Le CD

Photo de live-a-la-maison

Live à la maison

Les Danakil vous invitent à une douce promenade à travers une revisite de leurs morceaux en live. Une balade qui parcourt les 20 ans de musique du groupe, entre versions acoustiques et amplifiées.On y retrouve les grands classiques du groupe – « Marley », « Les Vieillards », « À Tes Côtés », des extraits du nouvel album déjà...

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Message personnel

Nâaman, notre Prince du reggae, vient de subir une intervention chirurgicale…

Nâman, notre prince du reggae vient de subir une grosse intervention chirurgicale, on pense fort à lui...

On t’embrasse Martin, cette page t’est tout spécialement dédicacée…

Nouvelle chanson, Naâman est de retour sur scène. Magnifique, un moment plein d’émotion à Bordeaux…

Sources

La reggae attitude at home
Pas trop rasta mais très reggae…

Questions fréquemment posées

Quelle est la plus belle voix du reggae?

Mais où est passé Nasio Fontaine? Nous sommes sans aucune nouvelle de lui depuis 2006 et la sortie de son 5ème et dernier album « Universal Cry »! Originaire de l’île de la Dominique, ce fabuleux chanteur de reggae roots, peu connu en Europe, était pourtant un surdoué du reggae promis à une carrière extraordinaire. Il est vrai que plan de carrière et rastafarisme ne vont pas forcément ensemble… On s’en fout : Please, Nasio reviens! Tu es, sans conteste, la Plus Belle Voix du Reggae pour le blog de Marie-Anne… Tu nous manques.

Qui est le meilleur artiste reggae français ?

Nâaman vient de Dieppe. Il a la trentaine. Il est inspiré et inspirant. Auteur-compositeur, iI écrit et chante, en anglais, des textes engagés, abordables, percutants et dépaysants. Son reggae est teinté de hip-hop, de soul et de world. Sa voix, au voile délicat, sait se faire velours, scratch ou zip. Sur scène, il est éblouissant et touchant. De son vrai nom Martin Mussard, Nâaman est désigné, sans la moindre hésitation, Meilleur Artiste Reggae Français par le blog de Marie-Anne.

Qui est le meilleur groupe reggae français?

Le reggae de Danakil est délicat, puissant sans violence, riche de sens, français et métissé, généreux et harmonieux. Le groupe a du succès. C’est normal, sa musique est très belle et très actuelle. D’ailleurs Danakil c’est le Meilleur Groupe Reggae Français maintenant et ici, sur le blog de Marie-Anne.

La source Libération ça m'intéresse GRALON
Via Conflits cases rebelles Les Inrokupptibles

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4 commentaires
  1. Speedoo dit

    Je découvre ton blog grace à speeoo. Merci de nous faire partager tes découvertes, tes émotions et de nous donner envie d’aller voir les expositions et de te retrouver sur ce blog. On a écouté ton premier podcast et on est fan. On attend la suite avec impatience.
    speedo et Maryse.

    1. Marie-Anne Vernet dit

      Super,merci Maryse pour ce commentaire vraiment sympa.

  2. OLIVIER dit

    Bravo pour ton travail de synthèse. Jah live!
    A écouter le podcast d’affaires sensibles sur Bob Marley.

    1. Marie-Anne Vernet dit

      Merci Olivier, je vais l’écouter, c’est sur France Inter je crois, je le mettrais sur la page Bob Marley que je vais faire bientôt. Bises…

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